Contrairement aux idées reçues, l’infarctus chez les femmes ne touche pas uniquement les personnes âgées ou les hommes à risque. Aujourd’hui, il représente l’une des premières causes de maladie cardiovasculaire féminine, avec des signes d’alerte chez la femme encore trop mal connus du grand public et parfois ignorés par le corps médical lui-même. Ce décalage de perception a des conséquences directes sur la prise en charge infarctus féminin, souvent tardive et moins adaptée.

Des signes atypiques qui déjouent le diagnostic

Les symptômes infarctus femme ne se manifestent pas toujours par la classique douleur thoracique femme intense et localisée à gauche. Chez une grande partie des patientes, les signaux sont plus diffus : fatigue et essoufflement persistants, nausées, sueurs froides, douleurs abdominales ou dorsales, ainsi qu’un sentiment de malaise général difficile à décrire. En l’absence de douleurs aiguës, ces manifestations sont souvent prises à tort pour des troubles digestifs, du stress ou de l’anxiété.

Une étude publiée dans JAMA en 2023 a montré que près de 50 % des femmes hospitalisées pour infarctus du myocarde n’avaient ressenti aucune douleur thoracique au moment des faits. Ce flou symptomatique contribue à un retard de diagnostic infarctus, avec un délai moyen de 37 minutes supplémentaires avant l’arrivée aux urgences, comparé aux hommes. Cette perte de temps impacte directement le pronostic. Chez les femmes jeunes infarctus, ce retard est parfois aggravé par une sous-estimation du risque cardiovasculaire féminin, encore trop souvent associé uniquement à l’âge ou au tabac, alors que le stress, les hormones ou certaines maladies auto-immunes jouent un rôle non négligeable.

Un système médical inadapté aux spécificités féminines

Même après l’hospitalisation, les femmes victimes d’une crise cardiaque ne reçoivent pas systématiquement les mêmes soins que les hommes. Les données de la cohorte française FAST-MI 2022 révèlent que les femmes de moins de 55 ans présentent un taux de mortalité hospitalière deux fois plus élevé que les hommes du même âge. En cause : un sous-traitement infarctus, avec moins de prescriptions de bêtabloquants, un accès plus limité aux programmes de réadaptation cardiaque et un suivi post-hospitalier inégal.

Ce décalage thérapeutique s’explique aussi par un biais dans la recherche médicale. Les essais cliniques cardiovasculaires comptent en moyenne moins de 30 % de participantes, ce qui oriente les protocoles de traitement vers des profils masculins. Or, le risque cardiovasculaire féminin évolue selon des mécanismes hormonaux et inflammatoires spécifiques, qui modifient à la fois la manière dont l’infarctus du myocarde survient et la manière dont il devrait être pris en charge. Les différences symptômes homme femme ne sont donc pas seulement une question de communication : elles impliquent des ajustements dans les pratiques cliniques, encore trop peu intégrés dans les parcours de soins.

Juliette